Le recouvrement d'une pension alimentaire - Partie 1
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07/01/2009 Il existe plusieurs moyens d'obtenir le paiement de la pension alimentaire :
L'action directe en recouvrement Toute personne, titulaire d'une créance, peut demander le recouvrement des arriérés d'une pension alimentaire dès lors que le débiteur ne verse pas ou ne verse qu'irrégulièrement la pension alimentaire. Cela implique bien évidemment, que la pension alimentaire ait été préalablement fixée par une décision de justice. Plusieurs moyens sont mis à la disposition du créancier pour obtenir le paiement de la pension alimentaire. Ainsi, nous allons traiter de l'action en paiement des arriérés de la pension alimentaire qui est soumise à une prescription de 5 ans. Le créancier (bénéficiaire) peut donc obtenir le montant des mensualités impayées jusqu'à 5 années, voir plus si diverses mises en demeure avaient été adressées entre temps. En effet, la mise en demeure a des effets suspensifs sur le délai de la prescription. Le paiement direct L'intérêt de cette procédure La procédure de paiement direct présente un grand intérêt, car cette procédure est la plus simple et rapide en matière de recouvrement de pension alimentaire. Et, elle a également le mérite d'éviter de recourir à une nouvelle procédure judiciaire. Cette procédure permet au créancier (le bénéficiaire) de recourir à un huissier de justice, afin que celui-ci saisisse directement (d'où le nom de paiement direct) auprès d'un « tiers débiteur » (sa banque, ou en général son employeur, etc...) les montants réclamés au titre de la pension alimentaire non payée. En pratique, l'huissier demandera donc au « tiers débiteur » de payer au nom et pour le compte du débiteur, et ce, au titre des sommes dues au débiteur et que ce dernier doit percevoir.Ainsi, la pension alimentaire due, sera payée directement à l'huissier. Le recours à cette procédure par le bénéficiaire Le bénéficiaire (le créancier) d'une pension alimentaire a donc la possibilité de recourir au paiement direct dans les cas suivants :
Il doit, dans tous les cas, justifier d'une décision de justice définitive et exécutoire. Il peut également recourir au paiement direct quand bien même il aurait précédemment conclu un accord avec son débiteur. L'objet de cette procédure La procédure de paiement direct permet d'obtenir les sommes dues pour les six mois maximum précédant la demande de paiement. Le paiement de l'ensemble des frais de cette procédure est entièrement à la charge du débiteur de la pension alimentaire et ne saurait être à la charge du Demandeur, comme stipulé par le Législateur. Mise en œuvre de la procédure de paiement direct Il suffit qu'une échéance au moins n'ait pas été payée à la date fixée pour que le bénéficiaire de la pension alimentaire puisse engager la procédure de paiement direct. Le créancier doit alors s'adresser à un huissier de justice de son lieu de résidence et lui fournir les documents suivants :
L'huissier notifie la demande de paiement direct au « tiers débiteur » (Employeur, Banque, etc...) tout en informant simultanément par lettre recommandée le Débiteur, qui a donc la possibilité de s'exécuter (se libérer de son obligation) en payant directement les sommes réclamées à l'huissier de Justice. Dans les 8 jours suivant cette notification, le « tiers débiteur » accuse réception à l'huissier de la demande de paiement direct en précisant s'il est ou non en mesure d'y donner suite. L'accès aux informations sur le débiteur Dans le cas où l'adresse du débiteur ou de son employeur est inconnue par le bénéficiaire de la pension alimentaire, l'huissier de justice peut s'adresser à certains organismes qui sont obligés de lui communiquer les renseignements demandés. Ces organismes peuvent être :
Après un divorce ou une séparation de corps, le débiteur de la pension alimentaire doit spontanément informer le bénéficiaire de son changement d'adresse sous peine de sanctions pénales. En l'absence de cette information, il est possible de s'adresser au service des recherches dans l'intérêt des familles, à la préfecture de son domicile. Le tiers débiteur La demande de paiement direct de la pension alimentaire par l'huissier est adressée :
En cas de nouvel accord entre le bénéficiaire et son débiteur, de nature à modifier les montants dus, ces derniers (débiteur et bénéficiaire) devront le signaler au juge qui fixera et avalisera alors le nouveau montant de la pension. Le tiers débiteur, tenu au paiement direct, qui ne verse pas la pension alimentaire due au créancier, encourt une amende de 1 500 euros, et en cas de récidive l'amende pourra être portée au double, hormis l'inculpation devant le tribunal correctionnel du chef « d'abandon de famille ». Les Informations du Fichier National des Chèques Irréguliers (FNCI) Le bénéficiaire peut s'adresser à l'une des succursales de la Banque de France au guichet « Infobanque » pour connaître les informations le concernant dans le Fichier National des Chèques Irréguliers (FNCI). Quel est le tribunal compétent territorialement pour contester cette procédure ? Il est possible de contester la procédure de paiement direct des pensions alimentaires devant le tribunal d'instance du domicile du débiteur de la pension. La Fin de la procédure Une fois que l'huissier du créancier en notifie au tiers la mainlevée par lettre recommandée, la demande de procédure cesse de produire effet. En fournissant un certificat délivré par un huissier attestant qu'un nouveau jugement a supprimé la pension alimentaire ou constatant que la pension a cessé d'être due, le débiteur peut demander que soit arrêtée la procédure visant à la demande de paiement direct. Sanction du créancier, bénéficiaire de la pension alimentaire Le créancier qui, de mauvaise foi, aura fait usage de la procédure de paiement directe est susceptible d'être condamné par le tribunal à une amende civile pouvant aller de 15 à 1 500 euros, hormis toutes autres voies judiciaires que le débiteur est à même de saisir. Voir la suite |
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